Namaste mon ego

La scène d’ouverture de la série de fiction web « Namaste, Bitches » commence avec un comportement « anti-yogique ». Sabine, une professeure de yoga de New York débarque à Los Angeles, conduit sur l’autoroute en maudissant son GPS tout en fumant une cigarette. Voilà la parodie de l’industrie du yoga. Conçue et produite par Summer Chastant, une ancienne professeure de yoga de LA, la série serait une version à peine « amplifiée » de ce qu’elle a vu elle-même dans les studios. La série met en lumière les parties les moins vertueuses de l’industrie du yoga comme les bas salaires pendant des années pour les apprentis professeurs de yoga (quand ce n’est pas du bénévolat) avant qu’ils soient officiellement inclus dans l’horaire du centre. Est-il inapproprié de parodier le monde du yoga alors que deux de ses titans, John Friend et Bikram Choudhury, ont été accusés d’inconduite sexuelle sur leurs étudiantes ?
Les six épisodes de cinq minutes de la première saison ont été vus plus de 160 000 fois. Ava Taylor de YAMA Talent, une agence pour les enseignants de yoga à New York, déclare que : « Les gens se rendent compte que leurs professeurs de yoga sont humains. »
Raghunath, professeur de yoga et ancien rocker punk, pense que : « La communauté des yogis en général est prête à affronter ses propres bizarreries. J’espère que cela va favoriser une sorte d’introspection. »
Le yoga contemporain s’est écarté de son principe de base: la conquête de l’ego. En cette période de #yogiselfie, les pratiquants d’aujourd’hui, loin de renoncer à leurs biens terrestres comme certaines précédentes générations de yogis l’ont fait, posent maintenant dans des habits de designer chers, et partagent en ligne d’innombrables photos d’eux-mêmes.
Eddie Stern, ex-instructeur de yoga de New York qui a une longue liste d’étudiants de célébrités dont Madonna, constate : « Sans le système de freins et de contrepoids que l’enseignant, ou gourou, est censé fournir, l’étudiant peut devenir fier. Et ce sentiment de fierté conduit à l’idée subtile que « je suis libre de me comporter comme je veux », ce qui n’est pas la spiritualité, mais l’hédonisme. »
L’orgueil et l’ego sont partout dans « Namaste, Bitches ». Les médias sociaux dépeignent le yoga comme le nouveau Saint Graal et les enseignants dans le monde occidental sont de plus en plus engagés par un studio selon le nombre d’adeptes qu’ils ont sur Instagram, ce qui est un peu l’antithèse du yoga, qui est d’être désintéressé et d’être au service.
Nytimes.com

Auteur de l’article : yogamond

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