Habitat participatif

Autogéré mais pas communautaire : Hélix est un habitat participatif autogéré installé depuis 32 ans à Meylan en France. Mais en quoi l’habitat participatif est-il différent de l’habitat « classique » ou de la vie en communauté ?
C’est un habitat où les relations vont bien au-delà du voisinage classique. Outre les lieux communs où se réunissent les habitants à l’occasion de fêtes, les chambres d’amis, l’espace de bricolage ou la buanderie peuvent également faire l’objet de mutualisation.
Certains habitats groupés optent même pour des sessions collectives de nettoyage et de bricolage. Les habitants d’Hélix à Meylan essaient, par exemple, de se réunir une fois par mois pour des travaux communs, organisent une assemblée générale annuelle pour gérer les questions qui concernent tout le monde, comme les assurances ou les répartitions des charges.
« Pour réussir un projet d’habitat participatif, il faut admettre qu’on n’est pas tous pareils, qu’on n’a pas envie de faire la même chose », confie Robert, un des habitants d’Hélix. « Il faut cependant vouloir faire des choses ensemble. » Son voisin Gilles le rejoint : « Si on fonctionne encore aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une notion de collectif. »
Bien que le maître-mot soit « collectif », il ne s’agit pas pour autant de se diluer dans le groupe. « L’habitat participatif est différent de la vie en communauté ». Ici, le but est de « concevoir une architecture qui favorise la rencontre sans en faire le passage obligé ». Paul d’Hélix, architecte du projet, précise : « Créer l’habitat participatif c’est créer l’architecture qui va faciliter la relation de voisinage. »
Les mots clés associés à l’habitat participatif ? « Écoute », « respect », « collectif » et « confiance ».
À Hélix, les difficultés ont commencé bien avant la pose de la première pierre. Un architecte extérieur a d’abord travaillé sur le projet, en concertation avec sept familles. Premier frein: le projet de construction est refusé par la mairie, la hauteur des bâtiments étant jugée trop importante.
Suite à cela, le collectif a décidé de confier la suite de la réalisation du projet à Paul.
Il y a bien des frottements et des incompréhensions dans la vie de tous les jours, reconnaissent les habitants. Mais il faut apprendre à les gérer avec le respect. « Le conflit » a par exemple éclaté lorsqu’une famille a décidé de déménager et donc de vendre sa maison, il y a 18 ans. Car bien que chacun soit propriétaire de son logement individuel, selon la charte de l’habitat participatif, on ne peut pas vendre son bien à une personne extérieure sans que sa candidature soit acceptée par le groupe.
« Quand quelqu’un entre dans le groupe, il faut qu’il y ait une appréciation réciproque, que la personne adhère au projet », expliquent les habitants d’Hélix. La famille sélectionnée pour rejoindre le projet il y a dix-huit ans adhérait au projet « de manière intellectuelle et non pas en termes de vécu ».
Avec trente-deux ans d’expérience de vie dans un habitat groupé autogéré, comment résumer ce vécu ? « Plus j’avance en âge, plus je me félicite de ne pas avoir eu confiance dans les gens qui croyaient savoir mieux que moi ce qui est bon pour moi », confie Robert avec un sourire.
Source : article Groupé, autogéré mais pas communautaire : zoom sur Hélix, habitat participatif | Place Gre’net – Place Gre’net
placegrenet.fr

Auteur de l’article : yogamond

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