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Iyengar se raconte
« Je suis né dans un village appelé Belur, en Indes le dimanche 14 décembre en plein épidémie de influenza de 1918. Ma mère ayant contracté le virus nous avons tous les deux peu de chances de survivre mais Dieu décide de nous sauver. Ma santé se détériore avec la malaria et le thyphoide, un médecin suspecte que j’ai la tuberculose. En ces temps-ci il n’y a pas de médicaments pour ces maladies. Je deviens un poids pour moi-même et mes parents.
Mon père meurt quand j’ai 9 ans. Personne dans la famille ne peut me guider pour obtenir une meilleure santé. Ma scolarité est affectée car je dois rester souvent au lit.
En 1934, je rencontre Sri T. Krishnamacharya qui est aussi mon beau-frère. Il a appris le yoga auprès du grand maître Sri Ramamohana Brahmacharia. Il me propose de rester avec ma sœur à Mysore (où il vient d’ouvrir une école de yoga) jusqu’à son retour de Bombay. Voila le « flash de ma destiné » qui a changé le cours de ma vie.
À son retour de Bombay, il me suggère d’apprendre quelques asanas au lieu de rentrer chez moi, il dépose en moi les graines du yoga.
Mon premier contact avec le yoga
Mon corps est raide, quand je me penche vers l’avant mes mains touchent à peine mes genoux. Je doute que le yoga sera bon pour moi, mon corps ne semble pas répondre alors que je travaille dur. Je reste avec mon guru deux ans.
Au tout début, il démontre peu d’intérêt à m’enseigner probablement à cause de mon corps chétif. Mais alors qu’un de ses étudiant qu’il forme depuis un ans le laisse tomber, il se tourne vers moi. Dés lors il me fera pratiquer 2 fois par jour. À cause d’une pratique aussi intense j’ai mal partout et je suis fatigué. Je ne me suis pas tourné vers le yoga par vocation et je ne suis pas né dans la maison d’un yogi, d’un saint ou d’un philosophe.
Mon premier enseignement
En 1936, le Maharaja du Mysore envoie mon Guru et quelque uns de ses élèves dont je fais partie pour une démonstration de yoga au nord de Karnataka. Pendant ce tour, des personnes nous demandent de leur enseigner. Dans ces temps là, les femmes n’osaient pas pratiquer le yoga devant des hommes plus âgés.
Comme je suis le plus jeune du groupe, mon guru me demande de donner des cours à ces femmes. Elles m’acceptent avec joie. Guruji plante en moi les graines de l’enseignement du yoga. Je commence a être demander pour enseigner.
Mais enseigner nécessite l’expérience or je suis un novice en yoga. Je suis nerveux face aux responsabilité qu’impliquent l’enseignement mais mon esprit me dit : « pourquoi ne pas prendre cette chance ? » J’accepte d’enseigner avec la peur au ventre. Et cela me force à pratiquer beaucoup et gagner de l’expérience. L’intérêt pour le yoga ne vint pas de mon amour pour le yoga mais de la possibilité de gagner ma vie grâce au yoga.
En 1937, un professeur de yoga est demandé à Pune et comme je connais l’anglais, Gurji m’y envoie. Là-bas on me demande d’enseigner dans les écoles, collèges et centres sportifs. J’enseigne dans les collèges alors que je n’avais moi-même pas terminer mon collégial.
Mes limites
Les responsabilités de l’enseignement sont trop grandes pour mon jeune age, mes étudiants sont plus âgés, plus grand en taille et plus sophistiqués dans leur attitude. La première humiliation a lieu quand des élèves du collège se mettent à rire quand ils regardent mon physique (je pesais 32 kilos et ma poitrine faisait 22 pouces seulement). J’accepte le défi qu’ils soulevent. Une autre de mes faiblesse est les langues, je ne suis ni très bon en anglais, ni dans ma langue d’origine.
Il y avait seulement 2 façons de dépasser ces 2 limitations : soit acquérir la connaissance dans les livres, ou pratiquer avec vigueur et détermination pour obtenir la connaissance à travers ma propre et subjective expérience. Je choisis la seconde option. Je me met donc à pratiquer 10 heures par jour le peu de technique que m’avait appris Guruji.
Le collège apprécie mon travail et prolonge mon contrat pour 3 ans. Ensuite, je continue à enseigner indépendamment. Cette pratique intense améliore nettement ma santé et l’enseignement me permet de vivre. Mon mental devient plus stable et mon approche des problèmes de la vie plus spirituelle. Cela pris des années de patience et de travail pour attirer les gens vers le yoga.
Les difficultés rencontrées durant ma pratique
L’intensité de ma pratique fait fléchir mon corps, mes nerfs, mon esprit et même mon âme. Parfois mon corps refusent de coopérer, à d’autres moments c’est mon esprit. Mes énergies s’épuisent et je suis mentalement fatigué. J’atteins un tel degrés d’épuisement qu’il m’arrive d’être sur le point de tout abandonner. Je ne peux ni boire ni manger normalement, mon sommeil me lâche.
Le doute me tourmente mais je continue ma pratique. Mon esprit ne trouve aucun repos sauf dans l’effort renouvelé. Pour chaque échec, la grâce de dieu me relance dans une nouvelle tentative. Je fais des erreurs énormes car je n’ai aucun guide. J’apprends à reconnaître et différencier le bon du mauvais en observant mes propres erreurs. Souvent je survis avec une tasse de thé car je n’ai pas d’élève. Peu à peu je sens que mon corps gagnent en force et mon esprit en stabilité.
J’ai commencé le yoga en 1934 mais ce n’est que 12 ans plus tard, en 1946, que j’éprouve un intérêt et un amour sans borne pour le yoga.
Ma transformation par la grâce divine
Ce soudain intérêt pour le yoga fut provoqué par la vision de notre divinité familiale Lord Venkateshwara qui me sourit et me bénit dans un rêve. Il me dit que ma vocation était de pratiquer et enseigner le yoga. Il me bénit d’une main et me tendit des grains de riz de l’autre me disant que je n’aurais plus à m’inquiéter de ma condition matérielle.
La même nuit, ma femme rêva de Devi Lakshmi qui lui donna une pièce de monnaie en lui disant qu’elle s’acquittait de ce qu’elle m’avait emprunté depuis longtemps.
Le lendemain des élèves m’appelaient pour des cours de yoga. Depuis lors les étoiles veillent sur moi et la grâce de Dieu m’accompagne.
De 1934 à 1946, le yoga était attaché à moi, mais aujourd’hui c’est moi qui suis attaché au yoga.
D’autres obstacles
En 1958, les postures m,échappent, j’ai des vertiges et mon corps est devenu raide. Je questionne d’autre yogis et mon Guru, mais rien n’y fait, ils pensent que la vie d’homme marié et l’âge prennent le dessus. Mais après 3 ans d’effort je retrouve à nouveau l’aisance et le contrôle.
En 1979, après mon 60ème anniversaire, j’ai deux accidents de scooter. Je dois alors redémarrer le yoga comme un débutant, toutes mes vieilles douleurs refont surface. Cela me prendra plus de 8 ans pour retrouver mon niveau.
Mon vœu
La pratique du yoga m’a élevé d’une existence sous humaine à celle d’un homme confiant, sincère dans ces efforts, m’offrant esprit d’entreprise et honnêteté, bienveillant en pensée et pur en conscience.
Probablement que cet art n’aurait pas atteint l’homme moyen, pas plus qu’il serait devenu si populaire si le yoga ne m’avait pas imprégné au point de ne faire qu’un.
Si le yoga m’a élevé à cette hauteur, alors que mon début de vie fut si difficile, je n’ose imaginer ce qu’il peut offrir à une personne qui commence une vie dans des circonstances favorables.
Nul doute que l’art et la science du yoga sont vastes et les progrès semblent lents.
Je n’hésite pas à partager mon expérience avec mes élèves et je continue à faire l’expérience de nouvelles perceptions et une nouvelle lumière s’installe en moi, même si l’âge avance. Je vis dans mon cœur et mes cellules.
J’aimerais pratiquer le yoga jusqu’à mon dernier souffle. Je suis certains qu’après moi, mes élèves, leurs élèves, les élèves de leurs élèves continueront à propager le yoga aux quatre coins du monde, afin que chacun puisse vivre une humanité. Harmonieuse, libre des discriminations géographiques, éthiques, raciales, de caste ou de sexe. »
Sources : site IYNAUS Iyengar Yoga National Association of the United-States
La particularité du yoga Iyengar
Quand méthode rime avec effort
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