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Printemps 2006 - Vol. 2 N. 1

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Édito

L'écho du Om

 

Le Kripalu yoga

Kripalu signifie « compassion ». Qu'est-ce qui différencie le kripalu yoga des autres yogas ?

 

Quand le Dalaï-lama parle de guerre et paix

Avec son sérieux décontracté et son humour habituel, le Dalaï-lama a parlé de la guerre, de la paix et de la réconciliation

 

Immobilité, la statue qui respire

Pour qu'une posture mérite d'être appelée une posture, elle doit être maintenue au moins une bonne minute.

 

De la drogue au Yoga

Sans être junkie, J-F. s’avoue en 2004 être aux prises avec des dépendances : vin, cigarette et quelques drogues dures à l’occasion. Il « rencontre » le yoga

 

Temples hindous de Montréal

Crèpes à la farine de Kamut

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Édito

 

L’écho du om

Nul besoin d’être scientifique pour savoir qu’à notre mort nos atomes nous survivent. Par contre, moins répandue est l’idée que ces derniers renferment et conservent les événements de notre passé. Certains chercheurs scientifiques sont déjà sur une piste et tentent actuellement d’écouter le son du Big Bang.

 

En 2001, deux appareils de détection placés en Antarctique captèrent une onde que les astronomes identifièrent comme les vestiges d'une fluctuation quantique vieille de 14 milliards d’années. Pour eux, il s’agissait d’un très lointain écho du Big Bang.

 

Et le yogi se demande alors : quel était, il y a 2 500 ans, le son du om? Et si nous arrivons à retrouver les sons, à quand les images ? Pourrait-on voir un jour une posture de yoga datant de l’époque de Patanjali ?

 

Voilà bien le comportement de l’être humain, un œil vers le passé et l’autre tourné vers le futur. Et entre les deux, une escale dans le présent.

 

Mais revenons à nos jours, mars 2006, fini le tapis bleu posé sur la neige, finie la salutation au soleil avec sa descente en flexion avant à la vitesse des flocons tombants doucement. Finie l’ombre de l’arbre qui s’étire sur le lac gelé, une dernière petite salutation au froid et enfin, bonjour le guerrier sur ponton et la méditation au son des escadrons de moustiques.

 

Au programme de ce numéro de printemps; dans l’univers de la désintoxication le yoga s’avère être un allié au début, pendant et après la cure. Le Dalaï-lama s’est « entretenu avec une foule » de quelques milliers de personnes dans le stade d’une université américaine. Le plus célèbre des bouddhistes, après Bouddha, a parlé de guerre, de paix et de réconciliation. À lire, relire et lire encore.

 

Pour André Van Lysebeth, une asana tenue moins d’une minute ne mérite pas de s’appeler une asana. Surprise et explications. Et enfin, une halte sur le pranayama : pourquoi n’accorde-t-on que quelques minutes aux exercices de respiration alors qu’ils sont au moins aussi importants que les postures. Ce mal-aimé du yoga qu’est le pranayama est actuellement très peu pratiqué. Alors, qu’attendons-nous, et à quand le retour du pranayama ?

 

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Le Kripalu yoga  

 

Kripalu signifie « compassion ». Qu'est-ce qui différencie le kripalu yoga des autres yogas ? Fait-il partie du hatha-yoga ? Pourquoi est-il si rare ? Quel est le futur du kripalu ?

 

Le kripalu yoga est actuellement peu répandu au Québec, mais il tendrait à devenir de plus en plus populaire en raison de son approche globale. Ce type de yoga associe étroitement le travail du corps et de l’esprit en cristallisant sur la méditation durant les asanas.

 

L’enseignement est, comme dans tous les types de yogas, progressif; le yoga kripalu ajoutant des éléments au fur et à mesure que l’adepte progresse. Même s’il ne comporte pas de séquence spécifique d’asanas, il possède une structure d’enseignement composée de trois niveaux assez marqués.

 

Sri Kripalvananda, mieux connu sous le nom de Bapuji (1913-1981), est à l’origine du yoga kripalu. Le plus gros centre en Amérique du Nord, « the kripalu center for yoga and health », situé dans le Massachusetts, à Lenox, a déjà formé des milliers de professeurs de yoga kripalu.

 

Entrevues

Pour Kelly Mcgrath, du Studio Joie du yoga, le kripalu est avant tout le yoga de la compassion. Et pour Clearlight Gerald, d’Espace yoga, aussi professeure de kripalu, l’objectif est de découvrir la liberté qui a toujours été en nous.

Toutes deux nous parlent de kripalu.

 

Comment définissez-vous le kripalu ?

Kelly : C’est le yoga de la compassion, il nous enseigne l’ouverture du cœur, la bonté, l’amour. En ramenant notre attention sur les sensations de notre corps, sur notre respiration, sur notre mental agité ou stable, nous développons notre conscience et nous cultivons la qualité du cœur.

Clearlight : Certains disent que c’est effectivement le yoga du cœur.

 

Quel est le type d’enseignement théorique du kripalu ?

Kelly : Dans le yoga kripalu, il y a trois stades qui sont les suivants : au premier stade, il faut asseoir la fondation, on met donc l’accent sur l’alignement et la pratique sécuritaire des postures. On apprend aussi des exercices de pranayama et à coordonner les postures avec la respiration. À ce stade, les postures ne sont pas tenues très longtemps.

 

Le deuxième stade est celui de la prise de conscience qui est le cœur de la pratique. Les postures sont tenues plus longtemps et on commence à pratiquer la méditation durant les asanas. On devient attentif aux sensations de notre corps, à nos émotions et à nos pensées pendant la pratique.

 

Enfin au troisième stade, les adeptes, à l’écoute de leur guide divin, enchaînent intuitivement et spontanément les postures.

 

Et dans la pratique ?

Kelly : Cela a l’air très sérieux et même si les élèves sont extrêmement concentrés parfois, l’enseignement est donné avec humour et nous rigolons souvent.

De façon pratique, au premier stade, je montre les postures, on s’arrête souvent, on tient peu les asanas. Au second stade, on observe les sensations de notre corps et les fluctuations de notre esprit.

 

Par exemple lorsque nous sommes dans la posture du cobra, je peux demander à mes élèves comment ils se sentent émotionnellement. Pour certaines personnes c’est une véritable explosion d’émotions, pour d’autres, rien. On apprend à connaître les réactions de notre corps et notre esprit. Si on est fatigué, il faudra apprendre à être doux avec soi-même plutôt que de se pousser toujours plus loin.

 

Pour les plus paresseux, il faudra par contre tenter de se motiver davantage. On devient un observateur de soi, le témoin de sa propre conscience. Ultimement, au troisième stade, c’est l’enchaînement spontané, on est à l’écoute des besoins de notre corps qui nous dira d’aller vers telle ou telle asana, c’est la sagesse intérieure qui nous guide et nous dicte notre enchaînement.

 

Clearlight : Même si je sais que le kripalu comporte trois étapes, je ne l’enseigne pas de cette façon. Pour moi le plus important ce sont la conscience, la concentration et le mouvement avec la méditation, et cela est valide que l’on soit débutant ou un yogi riche de 10 ans d’expérience.

 

Bien sûr, il y a une base élémentaire et sécuritaire à intégrer, base sur laquelle il n’y a aucun compromis à faire. Je donne donc les guides de base mais ensuite, chaque personne va dans sa pratique personnelle pour se découvrir dans le but de mieux comprendre sa vraie nature.

 

Cependant j’ai trois niveaux de classes et il est important, pour ne pas se blesser, que chaque personne soit orientée vers le niveau qui lui convient. Par exemple, un athlète qui connaît ses limites ira facilement vers le niveau vigoureux. Dans chaque classe, il y a un temps pour discuter, un temps pour apprendre, un moment pour le chant en sanscrit, un autre pour le pranayama, puis les mouvements libres et enfin la relaxation et la méditation.

 

Le kripalu yoga est-il du hatha-yoga ?

Clearlight : Si le hatha-yoga incorpore, comme le dit le traité de Patanjali, des asanas et du pranayama, dans ce sens-là, le kripalu est du hatha-yoga.

Mais chez nous en Occident, où le hatha-yoga est plus associé au ashtanga ou au vinyasa, cela dépend du professeur. Il y a des professeurs plus kripalu, d’autres plus vinyasa, d’autres plus hatha-yoga (c'est-à-dire qui font une posture, s’arrêtent, la maintiennent, puis en font une autre).

 

Personnellement, je mets bien moins l’accent sur les postures et l’enseignement technique que sur l’esprit, l’approche, la raison pour laquelle nous pratiquons. Le but ultime est de découvrir la liberté que nous avons toujours eue en nous.

 

Quel genre d’école est l’école du kripalu yoga ?

Kelly : Le centre de yoga kripalu de Lenox est extrêmement ouvert aux autres traditions. Il y règne une très grande liberté. On nous considère quand nous arrivons avec notre bagage actuel en yoga. On nous encourage aussi à visiter d’autres écoles de yoga, à faire notre propre cheminement. Ce n’est pas du tout fermé et rigide.

 

Pourquoi le yoga kripalu est peu connu au Québec en ce moment ?

Clearlight : En Occident le yoga est surtout perçu comme un exercice physique, ce n’est pas mauvais en soi, mais ce n’est pas la seule façon de pratiquer le yoga.

Les écoles de yoga qui mettent l’accent sur le mouvement physique sont plus populaires car notre culture est familière avec l’activité physique.

 

Pour nous, les classes de yoga très physiques ne sont pas trop étranges ou bizarres. Puis, pendant les asanas, on vit une nouvelle expérience et on commence à explorer, alors on se dirige vers le pranayama ou le chant ou encore la méditation. Les asanas sont juste une porte.

Photo Kelly Mcgrath en posture du poisson

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Immobilité, la statue qui respire

 

"Pour qu'une posture mérite d'être appelée une posture, elle doit être maintenue au moins une bonne minute.  André Van Lysebeth."

 

 

 

 

 

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De la drogue du Yoga 

 

Sans être junkie, J-F. s’avoue en 2004 être aux prises avec des dépendances : vin, cigarette et quelques drogues dures à l’occasion. Il « rencontre » le yoga et affirme aujourd’hui, un an et demi après, que le yoga a été sa thérapie. Comment cela s’est-il passé ?

 

Yoga Mondô : Quel type de dépendances aviez-vous ?

J-F. : Je buvais beaucoup de vin, je fumais et durant les soirées dans les boîtes, je prenais quelques pilules d’ecstasy. Je n’étais pas un junkie, mais quand même… En regardant autour de moi, je remarque qu’il y a beaucoup de personnes comme moi, légèrement dépendantes, mais dépendantes tout de même.

 

Quel yoga pratiquiez-vous durant votre période de désintoxication ?

Le hatha-yoga et le yoga nidra. Je n’ai pas eu de cours privés ou adaptés à mon problème de dépendance, ni des asanas ou des exercices de pranayama spécifiques à faire. J’ai suivi les cours habituels, comme tout le monde à l’école Satyam de Hervé Blondon. Durant les séances de yoga nidra, en position de sâvasana, je faisais le vœu de retrouver ma confiance et de mettre fin à ces dépendances.

 

Quel fut votre premier contact avec le yoga ?

Au début, le côté spirituel, le chant d’introduction, le om, m’énervait beaucoup. Je me disais que je n’allais certainement pas chanter ces trucs-là et maintenant je les chante toujours dans mes cours de yoga. J’ai mis aussi du temps à trouver le yoga qui me convenait.

 

Comment avez-vous ressenti les effets du hatha-yoga ?

À l’époque j’avais perdu tous mes repères, je n’arrivais pas à trouver ma place et je n’avais plus du tout confiance en moi. Le yoga m’a permis de me recentrer et de faire le ménage dans ma tête.

 

Après cinq mois de yoga, j’ai commencé à ressentir le subtil, à sentir à quel point le corps est important et qu’il ne faut pas le gâcher avec des substances toxiques. J’ai aussi découvert le lien mental-corps. Je notais que, quand le corps était intoxiqué, l’esprit n’allait pas bien non plus.

Au fil des mois, il y a eu aussi une grosse dissolution de mon ego, je suis quelqu’un de soigné, mais aujourd’hui si j’ai un cheveu de travers je ne cours plus chez le coiffeur.

 

Quelle était votre pratique ?

J’allais au centre de yoga une à deux fois par semaine et les autres jours je pratiquais au moins une demi-heure chez moi. Chaque jour je faisais aussi le nettoyage du nez. C’est vraiment devenu une routine dans ma vie.

 

Faisiez-vous une thérapie en même temps ?

Non, seulement le yoga. Ma thérapie c’était le yoga. Voilà pourquoi aussi je suis devenu professeur de yoga, j’en fais une mission de vie.

 

N’y a-t-il pas eu de dépendance au yoga ?

Au début un peu, mais, comme j’étais sévère avec moi je ne voulais pas laisser une dépendance pour tomber dans une autre. À présent, si un jour je ne fais pas ma pratique, je ne culpabilise pas toute la journée. J’aime beaucoup le yoga, c’est un processus d’amour.

 

Vous avez l’air très discipliné ?

Le yoga pour moi c’est une discipline. Et je le pratique pour le « ressentit » que j’éprouve juste après la séance, cette relaxation, la reconnexion avec moi-même et le ménage qui s’est effectué dans ma tête. Après, tout est plus clair. Et bien sûr, quand tu veux absolument faire ta pratique le matin, tu te couches tôt.

 

Je dis aussi souvent à mes élèves « tenez bon ». Quand ils me disent « la semaine prochaine je ne pourrai pas venir car j’ai un souper », je leur réponds « essayez de déplacer le souper », et finalement la semaine suivante je les vois au cours.

 

Y a-t-il eu des rechutes ?

Oui, mais je n’ai jamais arrêté le yoga. Parfois certains cours de yoga m’ont beaucoup trop secoué émotivement. J’ai donc rechuté, mais pas de la même façon. J’avais conscience et je me disais « ce n’est pas bon pour le corps et pour  l’esprit ».

 

Et maintenant ?

Un an après, c’est le temps que je considère pour ma « cure », je suis capable de prendre un verre de vin sans descendre toute la bouteille et surtout je ne bois pas pour le feeling de l’alcool. J’ai même arrêté de fumer.

 

Maintenant j’ai une grande confiance en moi, je doute parfois de ma manière de procéder, mais pas de moi. Je travaille dans le respect et l’amour, donc j’ai confiance pour le futur. Et finalement je me dis que si je n’avais pas bu je n’aurais pas connu le yoga ! Certains de mes élèves me disent qu’ils trouvent plus facile de moins boire ou d’arrêter de fumer depuis qu’ils font du yoga.

 

Votre pratique actuelle ?

Je fais 30 à 45 minutes de yoga par jour et tous les jours je lis à propos du yoga. Tous les deux jours je pratique une série complète, dans l’après-midi en général, sinon je fais au moins mes salutations au soleil tous les matins, entre 6 et 12.

 

Avez-vous aussi exploré la méditation ?

Je médite une à deux fois semaine, mais je suis plus indiscipliné, j’ai un peu de mal à m’asseoir et à fixer le mental. C’est difficile pour moi, alors qu’en faisant les asanas, je parviens à faire réellement le ménage dans ma tête.

 

Pour conclure aimeriez-vous dire aux personnes qui se savent en dépendance un mot par rapport au yoga ?

Je leur dirais qu’il n’y a rien à perdre à l’essayer sérieusement et que c’est en le découvrant qu’on le ressent.

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Chronique : la confiance par Hervé Blondon

 

On ne peut pas accorder sa confiance aux autres si nous n'avons pas confiance en nous... J'ai confiance car je reconnais mes faiblesses. Sachant où elles se trouvent et de quelles manières elles se manifestent, je sais comment les gérer et en rester maitre. De cet état nait ma confiance...

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Temples hindous de Montréal

 

Une liste des temples hindous situés à Montréal et dans les  alentours. Des temples simplement à visiter ou pour aller y pratiquer du  yoga.

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Quand le Dalaï-lama parle de guerre, paix et réconciliation

 

Avec son sérieux décontracté et son humour habituel, le Dalaï-lama a parlé de la guerre, de la paix et de la réconciliation dans un stade remplit de l’Université Rutgers de l’État du New Jersey. Voici ses paroles.

 

« Rien de nouveau à offrir »

- Aujourd’hui, mon discours va porter sur la guerre, la paix et la réconciliation. Ces sujets sont familiers pour tout le monde.

 

Nous pensons tous à ces problèmes, mais je dois vous avertir tout de suite que je n’ai rien de nouveau à offrir, pas de nouvelle idée, vraiment rien de spécial. Vous risquez donc d’être déçus après avoir écouté cette conférence. Vous allez peut-être même vous ennuyer au bout de 20 minutes de discours et j’en suis désolé (rires de l’audience).

 

Mais aujourd’hui, la météo est belle, il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, donc nous pouvons passer du bon temps ici (rires de l’audience).

  

Comme vous le savez je suis bouddhiste.

Mon approche, à propos du thème « guerre, paix et réconciliation », est une approche modérée. Pour moi, la paix n’est pas seulement une absence de violence, la paix est une attitude de compassion. Et toutes les actions motivées par la compassion représentent la paix. De façon similaire, toutes les actions motivées par la haine ou la jalousie représentent la violence. Un autre aspect de la paix est la création, et lorsque l’on parle de guerre, il s’agit alors de destruction, de la volonté d’apporter une fin à quelque chose.

 

Nous sommes tous des êtres vivants, nous, les arbres, ce gazon en face de moi dans le stade, enfin j’espère que ce gazon n’est pas artificiel, (sourires). Ces fleurs proches de moi sont, elles, vraisemblablement bien réelles. Ces plantes n’ont pas de conscience, mais biologiquement elles ont la capacité d’exister, de grandir et de se recréer. Tous les facteurs qui aident à grandir sont positifs.

 

Nous apprécions tous les anniversaires et surtout les fêtes d’anniversaire, et aux enterrements nous sommes tristes. C’est notre nature profonde; exister, être heureux ou triste. La guerre signifie la fin, même si on n’aime pas cette nature-là des choses.

  

La peine de mort, la guerre et l’économie

Tuer une personne est fondamentalement mauvais et ce quel que soit le prétexte. Des organisations internationales, comme Amnistie internationale, entretiennent un mouvement mondial pour abolir la peine de mort et j’ai signé pour le supporter. Je pense que la peine de mort n’a aucun bénéfice.

 

Dans une situation où les criminels n’ont pas le pouvoir de réhabilitation, si quelqu’un a créé beaucoup de souffrance en tuant, il va porter toute sa vie le poids de ses actes. Tuer ces criminels n’a rien de préventif. Je pense que les personnes qui ont tué, doivent être considérées comme des sujets de compassion et de pardon. Mais je ne veux pas interférer avec les lois américaines.

 

Tuer est très mauvais et très triste. La guerre signifie la violence à grande échelle. Une personne qui tue une autre personne est appelée un meurtrier, mais lorsqu’il s’agit de mobiliser des milliers d’hommes pour aller tuer d’autres hommes, on appelle alors ces hommes des héros.

 

Dans les temps anciens les communautés s’entre-tuaient pour la sauvegarde de leur propre race. Mais il en est tout autrement à l’heure actuelle, dans la perspective d’une économie globale où les frontières physiques ne sont plus importantes.

 

Prenons, par exemple, les États-Unis qui dépendent économiquement de leurs voisins et aussi des Européens; puis les Européens dépendent, eux, des Africains, qui dépendent eux-mêmes des Asiatiques. Tous sont interdépendants. Selon cette réalité, il faut être conscient que la planète c’est nous, juste nous, et que détruire quelqu’un d’autre c’est se détruire soi-même.

 

Le concept de la guerre est questionnant. À cause de la technologie, la capacité de détruire est énorme, en plus de coûter très cher. Prenons l’exemple de l’arme nucléaire, durant la guerre froide, chaque partie développait cette nouvelle arme, et chacun menaçait l’autre qu’il était prêt à tirer. Alors les personnes qui avaient vraiment conscience de cette force sans précédent, ont réalisé que si une guerre éclatait le monde pouvait disparaître.

 

Les coûts de ces armes sont énormes. Je suis allé plusieurs fois en Russie et on m’a dit que cette nation réinvestissait une partie de l’argent de son armement dans la santé et l’éducation. Certains États africains dépensent leur argent dans les armes alors qu’ils n’ont même pas assez de nourriture pour nourrie le peuple.

  

J’aime me sentir comme si je parlais à un vieil ami.

(Le Dalaï-lama se sert une tasse de thé, très calme).

Pour beaucoup d’entre vous c’est la première fois que l’on se rencontre. Nous sommes tous des êtres humains : il n’y a pas de différence, mentalement, émotionnellement, nous avons tous une conscience, un désir de vivre heureux, nous rêvons tous de la paix, nous sommes donc tous bel et bien pareils.

 

Émotionnellement, nous sommes identiques car nous avons tous éprouvé la haine, la jalousie. Moi aussi j’ai éprouvé de la haine et de la jalousie, tenez par exemple, quand mon traducteur parle anglais je suis jaloux de ses compétences en anglais (rires de l’audience et du traducteur officiel assis à côté de lui).

 

Physiquement, nous avons des différences, la forme de nos lèvres ou de notre nez. Ma coupe de cheveux est différente. Je passe mon temps à dire que nous sommes tous les mêmes, je suis désolé si vous trouvez que je passe trop de temps sur ce point.

Copyright Yoga Mondô 2005

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