Art indien actuel

Rédigé par | Nouvelles Yoga

À la fois exotique et mystérieuse, l’Inde fascine autant qu’elle fait peur. En Occident, de plus en plus d’expositions internationales lui sont consacrées. Ses artistes d’aujourd’hui nous permettent de nous familiariser avec ses valeurs, ses problèmes de société et son évolution. Regard sur le sens de l’Inde à travers ses artistes.

Miniature d’immense bidonville

Hema Upaddhyay, dans sa pièce gigantesque « Think Left, think right, think low, think high », a reproduit en miniature un bidonville indien sur les deux parois d’un long couloir. Les baraques sont faites de petits morceaux de boîtes de métal récupérées. En dressant deux maquettes qui se font face sur chaque mur, l’artiste nous oblige à défiler dans ce couloir étroit et on ne peut ressentir que l’oppression, la surpopulation et la misère.

Virtuellement intouchable

Pour illustrer la politique indienne, des guirlandes de fleurs rouges « Virtually intouchable » de l’artiste Sunil Gawde, paraissent innocentes, mais en se rapprochant on note qu’elles sont constituées de lames de rasoir illustrant les nombreux assassinats politiques qui ont eu lieu dans ce pays.

Le mur de déchets informatiques de l’artiste Krishnaraj Chonat choque et provoque une prise de conscience des questions environnementales soulevées par l’essor économique de l’Inde.

Qu’est-ce que l’Inde aujourd’hui à part d’être la plus grande démocratie du monde ?

Il était une fois un petit garçon prénommé Subodh qui vivait dans l’un des États les plus pauvres de l’Inde : le Bihar. Son enfance est heureuse. Dans sa petite ville, Khagaul, tout le monde travaille pour les chemins de fer. Il est le cadet de la famille, et ses trois sœurs le chérissent. Mais, à ses 11 ans, le temps s’arrête. Son père meurt subitement. Ce petit garçon va pourtant devenir l’un des jeunes artistes le plus en vue au monde. Les sculptures de Subodh Gupta, 46 ans aujourd’hui, se négocient pour plus d’un million d’euros. Peut-être involontairement, Subodh Gupta est le symbole de cette réussite indienne spectaculaire. L’émergence de personnalités exceptionnelles qui ne sont pas des fils de famille et qui, à force de vision, de pugnacité et d’ambition, conquièrent le monde. Subodh Gupta n’a pas la pudeur des jeunes artistes qui réussissent. Il aime l’argent, le luxe et ne s’en cache pas. « L’argent, c’est l’une des expressions du succès. On peut être un grand artiste et ne pas avoir d’argent. Mais moi, j’ai de la chance : j’ai la reconnaissance et l’argent », souligne-t-il. Son atelier est installé dans la banlieue chic de Delhi. Il y a le Subodh ambitieux qui avoue : « Je dois faire des œuvres nouvelles, puiser en moi-même pour trouver des choses inédites. » Puis vient le Subodh mystique : « Le pouvoir de l’art est incroyable. L’art est croyance. » Quel est son rêve, maintenant ? « Je veux être le meilleur artiste au monde. Celui qui va créer l’oeuvre la plus importante. » Qu’est-ce que l’oeuvre la plus importante ? « Je ne suis pas Dieu. Je n’ai pas la réponse. C’est juste une quête. »

L’affiche montre un concours de beauté de Miss Inde, mais sur le dernier podium, il manque une femme, son bandeau gît tout seul et il est inscrit dessus : « missing girl child » (petite fille manquante), illustrant le manque de filles à la naissance en Inde. Cette affiche fut utilisée dans les années 1990 pour des campagnes contre la marchandisation du corps des femmes.

Scène de l’Inde

Un lit est voilé de tulle blanc, des vêtements masculins et féminins sont accrochés à des patères, au mur un tableau présente des divinités indiennes ainsi que le mode d’emploi illustré du préservatif. Au pied du lit attendent des tongs sur lesquelles un préservatif est imprimé. Cette installation fait référence à la religion hindouiste, au mariage à l’occidentale, au sexe, au Sida et à l’occidentalisation de la société indienne ou l’indianisation de l’Occident.

Sources : lemonde.fr, blog.paris3e.fr, guardian.co.uk, fr.contemporain.wikia.com, toutelaculture.com, lexpress.fr, lepoint.fr

Dernière modification: septembre 10, 2019

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