Stress et vieillissement, pourquoi méditer ?

Rédigé par | Méditation, Méditation 101, Nouvelles méditation

Des dizaines de scientifiques fournissent des preuves médicales de ce que les pratiquants spirituels savent depuis des siècles, à savoir que la méditation nous fait beaucoup de bien, que le stress nous fait vieillir plus vite et que notre cerveau est transformable.

Le stress nous fait vieillir
Avez-vous déjà entendu cette phrase : « Le stress m’a volé de nombreuses années », signifiant que, pris dans le stress de la vie, vous n’avez pas vu les années passées, ni pris le temps de savourer ces moments avec vos enfants, vos amis ou votre famille? Et bien la scientifique Elisabeth Blackburn l’a presque démontré scientifiquement en 2004. Elle a prouvé que le stress tend à raccourcir nos télomères.

Mais que sont les télomères ? Il s’agit de petites unités situées aux extrémités de nos chromosomes qui répètent la séquence de notre ADN durant la division cellulaire. Avec l’âge, de façon naturelle, nos télomères raccourcissent. Mais si ces télomères sont détériorés, en l’occurrence raccourcis à cause du stress, nos cellules ne peuvent plus se reproduire aussi bien, ce qui entraîne un vieillissement prématuré.

Ainsi avec le stress, la division cellulaire baisse et nous vieillissons plus vite. De nombreux scientifiques pensaient qu’Elisabeth Blackburn obtiendrait le prix Nobel pour cette incroyable découverte.

On peut alors se demander si nos télomères rallongent grâce à la relaxation ou si on augmente notre bien-être. À démontrer.

Neuroplasticité
Est-ce que la méditation peut modifier le circuit central des émotions ? Voilà la question que se sont posée le Dr R. Davidson et son équipe. Il y a un peu plus de 10 ans, le dogme selon lequel, à partir de l’âge de deux ans, on perdait nos neurones du système nerveux, était inébranlable. À présent, il est démontré que ce dogme est faux. Grâce à la neuroplasticité du cerveau et aux instruments de mesure, les chercheurs ont pu constater que de nouveaux neurones sont créés à chaque instant de notre vie, ce qu’on appelle la neurogénèse. Ainsi il y a un renouvellement de ces neurones dans l’hippocampe, une région impliquée dans les fonctions de mémorisation et d’expression émotionnelle.

Le cerveau est un organe qui change tout le temps et pas seulement en se dégradant; il se reconstitue, se redistribue tout le temps en fonction de ce qu’on lui demande de faire.

Les chercheurs ont découvert que les stress énormes tels que les traumatismes répétés dégradent le cerveau, et par opposition, la méditation va améliorer certaines régions du cerveau. Et c’est la répétition de certains exercices qui va engendrer ce phénomène de réparation, voilà ce qui explique pourquoi la discipline est très importante.

Tristesse droite, gauche joyeuse
D’après les scientifiques, une partie de notre circuit émotionnel est située dans le cortex préfrontal latéral (droit et gauche), la partie gauche est en lien avec les affects positifs comme la compassion, la bonté, l’ouverture, la joie… et la partie droite est liée aux affects négatifs, la peur, la tristesse, la dépression, la fuite, le repli…. Toutes les actions dans notre vie sont dictées par la dynamique « j’aime/j’aime pas » : si j’aime quelque chose, j’en veux plus ou je veux le garder, si je n’aime pas quelque chose, je veux m’en débarrasser et ne plus jamais l’avoir. On est attiré ou on est repoussé, ou enfin on a un sentiment neutre. En général, nous semblons commencer nos vies avec un équilibre entre ces deux régions du cerveau, nos affects négatifs viennent équilibrer nos affects positifs et vice versa. Puis on note qu’avec les années, en général, la partie gauche devient plus grande que la partie droite.

Avec la méditation, les chercheurs ont constaté que la partie gauche du cerveau, celle liée aux affects positifs, va croître très vite en pratiquant.

Après une semaine de méditation quotidienne, des résultats sont déjà visibles sur les électro-encéphalogrammes. Après huit semaines, non seulement les résultats sont encore plus visibles, mais les pratiquants ressentent un changement en eux.
On pensait jusqu’à nos jours que le cerveau était immuable, que sa structure était figée et invariable; ainsi si on était un pessimiste de nature, on serait un pessimiste à vie; voilà que la science vient de démontrer le contraire, on peut réellement changer la structure et la configuration de notre cerveau.

Relaxation ou méditation ?
Beaucoup de personnes mélangent méditation et relaxation, et la frontière est parfois floue. La principale différence est que la relaxation vise une « performance », en général de la détente physique et psychique tandis que la méditation consiste en une prise de conscience de l’expérience vécue, sans objectif par rapport à celle-ci.
La relaxation est également souvent associée à une baisse de la vigilance alors que la méditation correspond à un mode d’être ouvert à l’expérience du moment, quelle qu’elle soit, sans chercher à la modifier. Les bénéfices observés en lien avec la pratique ne sont pas recherchés volontairement dans les séances.

La méditation correspond à un mode d’éveil ou d’attention.

 
En pratique
Ce que l’on appelle « méditation de pleine conscience » est l’action d’observer ses pensées ou la sensation de son souffle, ou ce qui se passe autour de nous, sans y réagir, sans partir dans les pensées discursives qui commentent sans cesse. Le but est d’observer ses pensées, son humeur, son état d’esprit avec attention et en continu. Vous sentez-vous tendu, relaxe ? Êtes-vous en train de planifier votre futur ou regretter un évènement passé ? Si c’est le cas, ramenez votre attention sur l’observation initiale.

Avez-vous des tensions dans le corps ? Si c’est le cas, on ne cherche pas à les faire disparaître, mais simplement à les noter, sans y réagir, sans chercher à améliorer, juste considérer l’expérience telle qu’elle est, plaisante, déplaisante ou neutre. Quand l’esprit se disperse, divague, on le ramène tranquillement.

Comme dit le Dr J. Kabat-Zinn : « L’attention est un muscle qu’on entraîne. Le but est de développer une attitude douce et amicale envers soi-même en premier et celle-ci se propagera ensuite à tout notre entourage ».

En finir avec l’anxiété
Mathieu Ricard rapporte les résultats des dernières recherches scientifiques sur la méditation : « Si vous faites 20 minutes de méditation par jour pendant huit semaines, votre tendance à la dépression pourra diminuer jusqu’à 30%, votre anxiété baissera aussi, en plus de renforcer votre système immunitaire. Après avoir reçu un vaccin contre la grippe, on observe que les anticorps montent de 20 % à 30% ainsi qu’une augmentation des cellules souches dans le sang dans le groupe qui médite par rapport à un groupe témoin qui ne médite pas. Également la tendance à la colère diminuera et la tension artérielle baissera de 15 millimètres. Tous les participants à ces recherchent scientifiques affirment expérimenter une meilleure qualité de chaque instant de leur existence en plus de répercussions physiologiques.

Le stress est éminemment le résultat d’une accumulation d’anxiété. Ne pas savoir gérer l’imprévisible, la nouveauté, ne pas être en contrôle des choses, un problème d’égo aussi déclenche l’anxiété, et l’entraînement de l’esprit s’adresse à tout cela. Si on a plus de sérénité, on aura moins d’insécurité. Or qu’est-ce que l’insécurité ? C’est sentir que l’on n’a pas les ressources nécessaires intérieures pour faire face aux hauts et aux bas de l’existence.

Chez les patients ayant déjà vécu au moins deux épisodes dépressifs graves et ayant pratiqué la méditation associée à une thérapie cognitive pendant six mois sur le modèle du programme Mindfulness-Based Cognitive Therapy (MBCT), le risque de rechute est réduit de 40% environ. Et l’effet perdure un an plus tard. »

Où pratiquer : Institut de Pleine conscience de Montréal, Kadampa, Voie boréale, et dans certains centres de yoga.

Sources : Psychologies magazine, magazine Clés

Dernière modification: septembre 12, 2019

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